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Archives pour la catégorie ‘Portraits d'artistes’

Youri Leroux, Révéler les couleurs

06/02/2009

Youri Leroux est un peintre heureux de s’adonner à un art auquel il consacre ses journées entières. Un bonheur de peindre qui se retrouve dans ses toiles, variations sur la nature et la ville, et le nu, sculptural.

Tout a changé il y a cinq ans dans la vie de Youri Leroux. Ce jeune homme issu d’une famille dans les affaires, avait déjà pris des chemins de traverse en allant à l’école Saint-Luc de Tournai se former à l’architecture d’intérieur. Mais la peinture, présente depuis toujours, bouillonnait en lui si fort qu’il finit par accepter de se laisser aller à elle. De son atelier, installé chez lui, il a vu sur les pâturages environnants. Les vaches, les champs deviennent ses sujets de peinture et le nu, pour le dessin. Il travaille, encore et encore, peaufine ses dessins, cherche sa touche, améliore sa technique. Plusieurs mois plus tard seulement, une galerie de Hong-Kong s’enthousiasme pour ses toiles.

Gratter la toile

Une fois là-bas, Youri Leroux est fasciné par la ville chinoise. Il la peint immédiatement. Ce travail se ressent aujourd’hui sur ses toiles de paysage de campagne, plus stylisées, proches de l’abstrait, avec des rayures, des stries, qui peuvent ressembler à des troncs, des herbes ou des architectures urbaines. Les ciels, auparavant tout en haut des tableaux, s’élargissent, gagnent de la place. L’artiste travaille ses toiles en accumulant les couches de couleurs : du rouge - vif, du bleu, du gris, du vert. Les tons extérieurs sont souvent sourds, mais l’artiste a trouvé sa touche : il les « ouvre », les gratte, créant des « fenêtres », dégageant les couches inférieures, laissant apparaître les couleurs, souvent plus vives. Un style reconnaissable entre tous.

Youri Leroux – Grand rue, 87 - 7743 Obigies – Belgique - tél : 00 32 0497 54 89 13 - www.yourileroux.com

article paru dans Art et Décoration, pages Nord, n°432, avril 2007

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La femme aux yeux fermés

06/02/2009

Jasmine le Nozac’h peint les femmes avec tendresse et lucidité. Sous des couleurs chatoyantes et des visages apaisés couvent à la fois le feu de la révolte et la joie de vivre.

La peinture a toujours fait partie de la vie de Jasmine le Nozac’h. Mais la vie lui fera changer sa peinture. Radicalement. Vers la liberté. La « première » Jasmine Le Nozac’h, celle qui a fait ses premières années d’études à Saint-Luc, en Belgique, puis s’est spécialisée dans les trompe l’oeil, a été peintre en décor pendant plus de dix ans. La deuxième, celle d’aujourd’hui, a arrêté de faire du « faux sur commande » pour se consacrer enfin à sa propre peinture, son expression personnelle. Avec une énergie et une force décuplée par autant d’attente.

La féminité universelle

Ses thèmes de prédilection tournent autour de la femme et de sa place dans la société, du couple, de la maternité. A la manière de Gustave Klimt, elle les représente en accentuant la place du visage, et des mains, le corps très allongé, noyé ou imbriqué dans des morceaux de couleurs. Ses visages aux yeux fermés, aux traits simples et graphiques, s’inspirent tout à la fois des masques africains ou/et asiatiques. Il émane d’eux une impression de paix quasi métaphysique. Tandis que les couleurs, souvent vives, structurées par le noir, parfois par le blanc, apportent la force et l’énergie. Une dualité à l’image la jeune artiste, qui cache derrière ses yeux bleus un bouillonnement intérieur en passe d’être apaisé - et toujours formidablement créatif.

Jasmine le Nozac’h, peintre - 39, rue de Roubaix - 59000 Lille – 06 11 87 70 88. www.jasminelenozach.com

article paru dans Art et Décoration, pages Nord, n,°434, juin 2007

Portraits d'artistes

Anne Dewailly, instants suspendus

23/01/2009

Anne Dewailly fixe sur ses toiles des pauses de la vie. Des femmes souvent, ou des enfants, montrent leur visage impassible dans des décors qui déclinent l’harmonie en rouge et beige. Avec une infinie douceur.

Avant de regarder sa peinture, on voit son regard : grand, bleu, habité. Un bleu qu’on ne retrouve pas sur les tableaux qu’elle peint en ce moment. Pourtant, le bleu a fait partie de son univers il y a quelques années. Un bleu cobalt, associé à des personnages à la peau noire. Une couleur et des sujets qu’elle a travaillé au retour d’une année passée à la Réunion. « Les peaux noires ont été les premières que j’ai peintes. Elles ont été comme un négatif des peaux blanches que je n’osais pas retranscrire à l’époque », explique-t-elle. C’était le commencement. Aujourd’hui, depuis un retour de quelques années dans le Nord, le bleu et les visages foncés ont disparus de ses tableaux. Le rouge a pris le relais, et les peaux de ses personnages se sont éclaircies.

Une douceur intemporelle

Car il y a toujours un personnage sur les oeuvres d’Anne Dewailly. Des enfants (les siens) et des femmes (qui lui ressemblent) : des portraits - des parts d’elle-même, qu’elle sème sur chaque tableau. Même sur les rares nature mortes, comme cette série de timbales. Les gobelets en argent sont ceux de son enfance et elle y voit des autoportraits…


Souvent de profils, ses personnages posent, assis ou debout, avec un objet dans les mains : un bol, un bouquet de roses, un livre, etc. Comme des offrandes. Fixés dans des poses intemporelles. Derrière eux, un décor au dessin à peine esquissé, mais à la matière très travaillée. Un tableau dans le tableau.

Anne Dewailly utilise tout à la fois le pinceau, le couteau, le chiffon et ses doigts pour composer ses fonds. Elle raconte aimer toucher, sentir, malaxer, la peinture à l’huile qu’elle utilise de préférence à l’acrylique, « pour sa bonne odeur et sa texture. J’ai mis un certain temps à faire ma petite cuisine avec les pigments et les liants de la peinture à l’huile », confie-t-elle.

Aujourd’hui, la recette est parfaitement maîtrisée. Quant aux pigments, elle les choisit dans des tons de blancs, de beiges, de chocolats, de bruns, et de rouges. Des rouges chauds. C’est un bouquet de roses, un mur en camaïeu, un objet, un reflet. Il accroche le regard et porte une part du mystère et de l’émotion que suscite les oeuvres de la peintre lilloise. C’est le temps, qui passe et qui s’arrête, le mouvement et l’immobilité, et cette profonde douceur…
Elle expose depuis peu à Paris, Place des Vosges, très souvent au Septentrion à Marcq, et depuis toujours à Honfleur.

Anne Dewailly - Atelier dans le Vieux Lille - tél : 06 17 82 09 95

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Adeline Flipo, peintre à Croix

23/01/2009

A la recherche de l’énergie dans la peinture

Entre figuratif et abstraction, Adeline Flipo peint des paysages. Effets de matières, superpositions de couleurs, verticalité, formes ébauchées : une peinture douce et forte à la fois.

Ne pas se fier aux apparences. Les tableaux d’Adeline Flipo cachent bien leur jeu. On y voit d’abord une architecture, composée de formes carrées ou rectangles savamment délimitées par des couleurs très travaillées. Sur un même espace dévolu, la couleur reste rarement identique.

Elle commence bleue et finie verte, ou bien passe par toutes les nuances d’un même ton, comme du beige clair ou brun par exemple. A moins qu’une touche de nuances plus pâles ne vienne chahuter un aplat de couleur pure, comme le gris sur le noir.

Adeline Flipo, peintre

Adeline Flipo, peintre

Présences mystérieuses

Alors seulement l’œil distingue une présence, plus ou moins évidente : des silhouettes humaines, très schématisées. Elles émergent parmi les lignes verticales, ombres rassurantes mais mystérieuses, fragiles et précieuses. Elles donnent vie et font sens à ces paysages urbains ou végétaux.
Elles ne sont jamais seules et vont toujours de paires ou en nombre. « J’ai besoin de dialogues dans mes tableaux », explique Adeline Flipo. Et de vibrations. Entre les couleurs, à l’huile ou à l’acrylique, qu’elle travaille au couteau, en les mélangeant jusqu’à trouver la nuance idéale. Entre les lignes aussi, qu’elle laisse courir sur le tableau pour créer un cheminement au long duquel l’œil peut se perdre.

Dans son joli atelier derrière l’église, Adeline Flipo continue ses recherches, aspirant aux grands formats et aux lignes moins douces, entre verticalité et lumière, à la recherche de l’énergie.

Voir le site d’Adeline Flipo

Article paru dans Art et Décoration, pages Nord, n°443, juin 2008

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