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Archives pour la catégorie ‘Actualité’

Le Palais des Beaux-Arts de Lille, 1er musée de province en 2009

18/06/2009

Le classement annuel des musées français réalisé par le Journal des Arts, référence en la matière et très attendu  est paru le 12 juin. Verdict pour la région Nord-Pas de Calais : le musée lillois reprend sa première place de musée de province.

Avec une 7e place ( contre 9e en 2008),  le Palais des Beaux-Arts de Lille et arrive après 6 musées parisiens, juste devant le musée des Beaux-Arts de Lyon (qui fait une remontée spectaculaire depuis sa 13e place en 2008). Lille reprend logiquement sa place de leader de la province, mais aussi leader de région.  Car il avait été détrôné par La Piscine de Roubaix en 2008, avec une exceptionnelle position de 5e musée de France. Roubaix est classé 18e cette année, avec 100 000 visiteurs de moins que le musée lillois ( 185 940 à Roubaix, 286 423 à Lille).

La région bien classée

Avec 10 musée sur les 100 premiers, le Nord-Pas de Calais es très bien représenté. Logique même, pour la 2e région de France en nombre de musées labellisés Musée des France. Voilà le classement :

Valenciennes ( 32e contre 37 en 2008),

le Cateau-Cambrésis ( 36e contre 23e en 2008),

la Chartreuse de Douai ( 41e contre 48e en 2008),

le musées de Beaux-Arts de Tourcoing ( 59e contre 37e en 2008),

le musée du Touquet ( 62e contre 70e en 2008),

le LAAC de Dunkerque ( 67e contre 46e en 2008), l

e musée des Beaux-Arts d’Arras ( 69e contre 51e en 2008) et

le musée des Beaux-Arts de Cambrai (101e, et non classé en 2008).

Il s’avère pourtant  que la plupart des musées perdent des places ( sauf Valenciennes et Douai).

Le musée Matisse en bonne place

Malgré cela, le musée Matisse au Cateau réalise un formidable score en étant 2e des musées des villes de moins de 20 000 habitants. Une vraie réussite pour cette ville très peu touristique, quand on sait que le challenger est… le château de Chantilly, qui bénéficie d’un budget autrement plus élevé grâce au mécénat de l’Aga Khan, et d’une renommée touristique autrement plus ancienne.

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Lille Art Fair, la dernière ?

05/04/2009

Après avoir écumé les stands  dimanche et lundi, quelques points notables ressortent. 

Petit bilan de cette seconde édition : très mitigé !

Un public jeune et moins nombreux, mais toujours enthousiaste

  • Le public était bien au rendez-vous, avec 11500 personnes (contre 13800 l’année dernière, mais il y avait aussi 20 galeries de plus !). Les personnes que j’ai pu interroger m’ont dit avoir passé en moyenne deux heures à admirer et découvrir, preuve que même pour les profanes une telle foire d’art contemporain exerce une réelle fascination.  Sauf que certains parlaient de la foire comme d’une exposition…
  • Ce sont surtout les jeunes qui sont venus, entre 20 et 45 ans, aux dires des organisateurs.

Le succès du Street Art

  • Le Street Art était fort visible dans les travées, et ce dès l’entrée de la Foire. D’ailleurs,  sauf exception, les exposants qui ont bien vendus sont ceux qui ont exposé du Street art, du Pop art dans leur stand, bref des oeuvres très peps, aux couleurs vives. Pour mieux oublier  la crise ?
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  • Les oeuvres qui sont bien “parties” sont des noms connus, des valeurs sûres, dont la presse avait abondamment parlé : Speedy Graphito, JonOne, Jef Aérosol (lillois)…  exposés par des galeries lilloises (Artop, Raisons d’Art) et par des professionnels parisiens ( Art Partner).

    Ces artistes ont eu leurs premières ventes aux enchères cet hiver à Londres et à Paris  : le début d’une reconnaissance internationale … mais aussi le début d’une spéculation ? Ces ventes sont-elles aussi liées à la “jeunesse” du public qui se reconnait dans cet art ? Car ce même public n’a acheté que des noms déjà connus, sans prendre de risques avec de jeunes artistes. Un autre effet de la crise ?

    Les exposants qui rient, et beaucoup d’autres qui pleurent

  • A côté de ce succès évident pour les formes d’expression de l’art de la rue, les autres oeuvres n’ont pas trouvé preneurs. La grande majorité des exposants n’a rien vendu. C’est la cas pour les lillois comme Artop, comme  la galerie strasbourgeoise Ritsch-Frich, ou encore les parisiennes Prodromus, GNG, et galerie du Centre, toutes des habituées des foires, depuis lontemps.
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Il y avait pourtant des oeuvres de grande qualité, mais plus “classiques“. J’en ai trouvé qui sont mêmes déjà exposées dans nos musées de la région :

  • des sculptures notamment, avec des oeuvres de Giampaolo Amoruso,visibles  au musée du verre de Sars-Poterie, et exposées à l’expo Goya au Palais des Beaux-Arts de Lille l’année dernière ;
  • d’autres sculptures de Norman Dilworth, qui a eu pas moins de 2 rétrospectives  à Calais, mais aussi au musée Matisse ces dernières années ;
  • le peintre géométrique Guy de Lusigny (1929-2001),  au musée de Cambrai et à celui du Cateau ;
  • le collectif d’art brut ACM, au musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq.
  • Sans  oublier des grands noms comme Miro, Beuys, Combas, Lucio Fontana et d’autres encore.
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    Mais alors, pourquoi ça n’a pas marché ? Est-ce que ces  “jeunes” acheteurs changent de goût et veulent vraiment du nouveau, comme le Street Art ?

Les galeristes ne mâchent pas leurs mots pour en expliquer les causes :

  • pas de sélection assez sévère des galeries, avec des différences de niveau accablantes et des galeries qui n’avaient rien à faire ici, comme la mystérieuse Art’s news par exemple ;
  • une communication qui n’a porté que sur les galeries lilloises ( d’après les non-lillois, ce qui est assez vrai, surtout dans la presse régionale) ;
  • des surfaces de stand pas toujours cohérentes ;
  • une promesse de visiteurs et de nombre de galeries qui n’a pas été tenue ;
  • un soutien inexistant de la ville de Lille.
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    Beaucoup estiment que la prochaine édition ne verra pas le jour et que la 2e était… la dernière ! En tous cas, c’est ce qu’affirment les galeristes mécontents (souvent les galeries les plus anciennes et de référence) que j’ai pu interroger. Ça promet pour l’année prochaine !

Des points à revoir

  • Les organisateurs, dont Frédéric Lambin, président de Lille Grand Palais, reconnaissent seulement qu’un tiers des galéristes est mécontent, laissant un  autre tiers en attente d’avis. Ils expliquent avoir pris des risques en n’annulant pas cette édition 2009, comme d’autres villes l’ont fait.  Et s’ils affirment qu’il faut du temps pour poser l’identité d’une foire ( celle de Strasbourg a mis 13 ans !), ils peuvent s’appuyer sur une structure d’économie mixte, qui n’a pas besoin de voir sur le court terme. Tout le contraire des galeristes !
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  • La ville de Lille s’est enfin mouillée, et madame Aubry est venue inaugurer a foire, ce qu’elle n’avait pas fait lors de la première édition. Frédéric Lambin a raison de fonder beaucoup d’espoirs sur cette reconnaissance.
  • Elle a cruellement fait défaut cette année quand même, avec une politique de communication concentrée sur Lille3000, qui n’a même pas parlé de la foire dans tous les dossiers de presse sur Europe XXL ! Tout juste un communiqué de presse la veille de l’ouverture du salon. Incroyable !
  • Mais l’inverse était vrai aussi. Rien sur Europe XXL dans les dossiers de presse de Lille Art Fair… Il n’en reste pas moins que la ville de Lille devrait s’inspirer de ce que fait la ville de Strasbourg pour St’Art, à laquelle elle apporte un vrai soutien, en allant jusqu’à acheter des oeuvres pour les musées.

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Lille Art Fair : petit mais costaud !

02/04/2009

La 2e édition de la foire d’art contemporain de Lille, organisée par Lille Grand Palais et St’art ( la foire d’art contemporain de Strasbourg qui existe depuis 13 ans) ouvre ses portes vendredi 3 avril.

Ottmar Horl, à lentrée de lexpo

Ottmar Horl, à l'entrée de l'expo

Je viens d’en faire le tour.

  • Autant le dire tout de suite :  il y a presque moitié moins d’exposants que l’année dernière ( 41 contre presque 70 en 2008).
  • Est-ce un signe négatif ?  Je ne crois pas. La moitié des exposants de l’année dernière sont revenus. Et des nouveaux sont là quand même.
Eric Liot (détail)

Eric Liot (détail)

Expédions rapidement des arguments qui expliqueraient cette situation :

- Effets de la crise ?
C’est ce que pense le directeur de Lille Grand Palais. Pourtant, il y avait du monde ( de exposants) en nombre à Brussel Art Fair et à Art Paris ces derniers jours.

- Chèreté des stands ?
C’est la raison invoquée par certains exposants qui ne sont pas revenus.  Mais le directeur de St’art, explique - avec raison d’ailleurs - qu’il n’est pas question de brader une foire sous prétexte de la crise. Et qu’il faut maintenir son niveau de qualité en continuant à garder des prix corrects (élevés pour certains, mais quand même en dessous de Brussels, et bien loin de ceux de Paris).

Voilà, j’en aurais parlé.

Marion Titival

Marion Titival

Et maintenant, la foire :

Intéressante, c’est évident.

  • Elle présente une belle palette de styles, surtout très contemporains.  Avec le street art en exergue. Il est partout : avec des photos, de la peinture, de la sculpture même. Les amateurs de graph, de collage, de bandes dessinées, d’affiches vont se régaler du mélange.
C. Boutellier : Red sky on Manhattan

C. Boutellier : Red sky on Manhattan

  • Le genre du paysage est aussi beaucoup présent, dans des style variés, à la limite entre l’abstrait et le figuratif.
  • Peu d’abstraction ; un peu d’art brut ; un peu de sculpture.

Voilà pour les premières impressions.

De toutes façons, il faut y aller car on ne s’y ennuie pas une seconde.  Et puis, cC’est l l’année ou jamais pour que cette foire continue et que Lille devienne une place reconnue pour l’art contemporain.

Tous au salon !

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L’exposition Reyberolles à Valenciennes

30/03/2009

J’ai suivi la visite de presse de l’exposition des oeuvres de Paul Rebeyrolle (1926-2005), au musée des Beaux-Arts de Valenciennes.

20 tableaux seulement ( mais quels tableaux !) sont exposés. Les choix d’Emmanuelle Delapierre, la conservatrice en chef du musée des Beaux-Arts sont radicaux et très forts. Aussi forts que les formats sont grands. Et aussi noirs que les suejts choisis, terriblement d’actualité, encore : l’immigration, le clonage. Avec quand même quelques respirations, en, couleurs , toutes aussi grandioses et en forces.

La suite bientôt…

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Lille3000 : l’Apocalypse rue Faidherbe

23/03/2009

La rue Faidherbe, qui part de la gare Lille Flandres jusqu’à la place de l’Opéra, a ét pompeusement baptisée “rambla” depuis Lille2004.

C’est là que sont exposées les sculptures spectaculaires conçues pour les fêtes lilloises. Il y a eu le  s Arches de Mézières ( les premières à inuagurer le concept, et certainement les plus réussies), puis les architectures végétales (je ne me souviens plus du nom des artistes) en 2004. Pour Bombaysers de Lille en 2006, les éléphants indous géants, formaient presque une arche immense et colorée au-dessus de la rue. Une vraie réussite aussi.

En 2009, ce sont des Anges et des Démons qui jalonnent la rue. Ils sont une douzaine de bébés jouflus et ailés, énormes ( 6 mètres de hauteur !),  avec des queues de dragon, assis ou debout, les bras en croix. A leur tête, devant la gare, une demoiselle à couettes au sommet de la tête est à cheval sur un dinausore-dragon. Noirs, eux aussi. Et brillants. C’est spectaculaire, c’est sûr !

Ces Anges et Démons ont été conçus spécialement pour Lille par un collectif d’artistes russes, AES+F. Ce sont les initiales de : Tatiana Arzamasova, Lev Evzovitch, Evegeny Svyatsky, et Vladimir Fridkes. Ils utilisent aussi bien la vidéo, que la photographie, et la sculpture.

Les enfants sont le principal sujet de travail de ces artistes depuis 2003, et les oeuvres de Action Half Life ( du nom d’un vrai jeu vidéo). Elles mettaient en scène des jeunes adolescents, en sous-vêtements blancs, dans des décors de guerre des étoiles, le regard opposé aux armes (inspirées aussi par celles des jeux vidéos) qu’ils tiennent à la main, sans combattre.

Suit une autre série, Last Riot, en 2005-2007, où les protagonistes, toujours aussi jeunes, passent à l’attaque :  sans émotion sur leurs visages, ils miment l’égorgement et la tuerie, à l’arme blanche ou à feux, dans des paysages de toute beauté, mais défigurés par la guerre et les conflits.

Les enfants sont-ils vraiment les porteurs d’espoir de nos socités ? N’en sont-ils pas les miroirs grossissants ? Les adolescents, en plein passage de l’enfance à l’adulte, ne risquent-ils pas de choisir la mauvaise voie ? Ce sont toutes ces questions existentielles, sociales et philosophiques, que posent AES+F avec leurs oeuvres dérangeantes, voire prophétiques.

A Lille, l’Apocalypse prend donc le visage de bébés joufflus et rieurs qui ressemblent plus aux Putti des tableaux italiens du Quattrocento qu’à des diables. Ce qu’ils sont pourtant, avec leurs marques sur le front, leurs ailes et leur queue de dragon.  Cette  ambivalence, amusante de prime abord,  se radicalise du côté de l’Enfer avec la couleur noire. Les artistes ont visiblement choisis leur bord.  L’Apocalyspe viendra de la jeunesse. A méditer pour l’avenir de l’Humanité.

Après un hiver sans soleil, personnellement, je regrette les éléphants, leurs riches parures et leurs décorations colorées. Du haut de leur impressionnante carrure, ils dégageaient une vraie légèreté. On avait l’impression de partir en voyage avec eux, de se dépayser, de changer d’air, de voir la vie en Technicolor !

On n’avait pas forcément besoin d’Apocalypse en ce moment…

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Lille 3000, une Europe sombre et déformée

18/03/2009

J’ai passé 3 jours entiers en visite de presse pour sélectionner pour vous le meilleur de Lille 3000.  Il y a beaucoup (trop ?) de  choses à voir, et devant tant de richesses, un choix s’impose.

Avant de faire le tour des animations ou expositions à ne pas manquer où à  éviter, partageons quelques remarques :

- L’Europe XXL

Le thème annoncé est trompeur. J’attends des oeuvres de tous les pays européens, y compris de nos voisins anglais,  et au moins de tous les autres frontaliers, comme une base pour une ville qui se dit eurorégionale et qui a été capitale de la culture européenne en 2004.

Et bien ce n’est pas du tout ça !

L’Europe XXL, c’est l’Europe… des nouveaux pays arrivants : celle de l’Est. J’avais mal lu le sous-titre du dossier de presse : “East is the new westis the new eat”…. c’est plus clair ?! bon, pas vraiment.  Il n’est pas dit de qui est cette superbe citation.

Donc, la Hongrie (Budapest), la Russie (Moscou), les pays baltes, la Pologne… et Istanbul (tiens , elle fait partie de l’Europe !). Je jette un oeil sur les docs de presse : oui, oui,  c’est précisé quelque part.

Alors si vous espériez un vrai melting pot européen, avec un peu de culture anglaise, irlandaise, autrichienne ou grecque, c’est râté !

- Une vision sombre et cacophonique de la Nouvelle Europe
Au fil des expos, nous autres pauvres journalistes, commençons à saturer sous l’accumulation d’oeuvres où la vidéo règne. Des images -  toujours en grands formats, et des bandes sons qui se mélangent. On en prend plein le yeux et les oreilles… C’est comme si les artistes de l’Est découvraient la joie de la vidéo dans l’art moderne.

Ne cherchez pas de peintures, car vous trouverez de nombreuses videos, souvent hurlantes, sombres, peu compréhensibles. Nous avons l’impression d’être dans une expo “la video dans l’underground est européen“. Intéressant mais pas franchement rafraîchissant…

- Une manifestation “populaire” pour public averti et intello

Martine Aubry qui a su se rendre omniprésente à la faveur de la manifestation régionale a déclaré que Lille 3000 est un événement populaire qui saura réconcilier les publics autour de l’art et d’une fierté partagée. Aïe ! J’ai quand même l’habitude des expos,  depuis 8 ans , mais j’ai pourtant du mal à suivre le menu.

Je me raccroche aux dossiers de presse. Il faut plusieurs pages d’explication pour introduire les différents “plats” qui nous sont servis.  Je doute que le commun des mortels ait ne serait-ce que l’envie de plonger dans des prolégomènes intello finalement bien pointus et branchés. Le “populaire” adhérera-t-il à une programmation où rien n’évoque la culture de masse ni le folklore traditionnel des pays présentés ?

Tout ceci n’étant que des premières impressions, auxquelles - bien sûr - il ne faut surtout pas se fier, je vais retourner voir les expos faîtes au pas de charge. Et vous donner un avis et des infos plus développés.

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Collection de printemps au musée des Beaux-Arts de Tourcoing

25/02/2009

mars-mai 2008

Nouvelles collection de printemps

Le musée des Beaux-Arts de Tourcoing présente comme tous les ans, ses nouvelles acquisitions, mais aussi ses nouveaux prêts et dépôts. Un vent de fraîcheur qui s’accompagne aussi d’une nouvelle présentation des collections permanentes.

C’est l’un de ses musées dans lequel on est toujours surpris. On ne sait jamais à l’avance quelles œuvres on y verra, ni à quel endroit du musée on pourra les découvrir. Renouveler l’accrochage, mélanger les genres, les styles et les époques sont une volonté de la conservatrice, Evelyne-Dorothée Allemand, et de son équipe. La curiosité est donc aiguisée à chaque fois, pour peu qu’on ait des favoris dont on se demande s’ils seront là où on les a laissés la fois dernière. Evelyne-Dorothée Allemand et son équipe manipulent le suspens avec…art.

Ce début d’année est riche de 19 nouvelles acquisitions et donations, mais aussi de 22 œuvres de prêts et de dépôts du FRAC Nord-Pas de Calais. Elles sont volontairement mélangées avec les œuvres anciennes, pour composer un nouveau parcours de visite.

Mélange en tout genre

  • La seule acquisition du XVIIe, une gravure de l’Italien Le Guerchin (1591-1666), est un portrait d’homme barbu portant une calotte. Une gravure de Rembrandt, dont il se rapproche stylistiquement, n’est pas loin de lui. Mais l’œuvre qui est juste à côté est contemporaine et très loin de la technique du dessin !
  • Une autre acquisition, Qui es-tu ?, une peinture de Marc Ronet (né en 1937) fait l’objet d’un très bel accrochage, dans la grande salle d’exposition temporaire. La forme fantomatique à la Goya qui émerge du tableau est rapprochée d’une peinture en rond, aux accents de Jérome Bosch, par Guillaume Bruère (né en 1976).
  • La mort, le temps qui passe, sont les sujets de cette partie de la salle, illuminée par le rond en aluminium tourné d’Ann Veronica Janssens ( née en 1956), et le grand tableau très dynamique de Paul Rebeyrolle (1926-2005).

Impossible de rater aussi l’une des deux plus grandes œuvres de l’exposition, prêtée par le FRAC : Dolly, la montgolfière de Bertrand Lavier (né en 1949) étale les bandes de toile de sa nacelle et son panier pour évoquer la chute, avec comme entourage, un tableau du musée, du XVIIe siècle, La Déploration du Christ, et une vidéo contemporaine d’une chute d’eau.

  • L’autre prêt du FRAC occupe tout le fond de la deuxième salle : il faut de la place pour aligner les 80 chaises de couleurs de Superflex (un groupe de 3 artistes danois), Copy Right (Colored version), présentée pour la première fois. Cette reprise de la chaise Fourmi de Jabobsen invite à s’approprier un objet de grande diffusion et à le faire vivre hors de son contexte initial.

D’autres surprenantes associations d’œuvres anciennes et nouvelles attendent le visiteur au détour de chaque salle ; comme dans l’antichambre carré et parqueté, qui reçoit des tableaux jouant sur le carré, entre un Devade (1943-1983), précédente acquisition, une étude d’Alberts (1888-1976) pour le Bauhaus, et un carré roulant contemporain, prêté par le FRAC.

L’alchimie se fait tout aussi bien entre les styles, les genres et les époques, qu’entre les acquisitions nouvelles, les donations, les prêts et la collection permanente. C’est de l’art, tout simplement.

Collections. Permanent/provisoire II. Jusqu’au 14 mai 2008. Musée des Beaux-Arts. 2 rue Paul Doumer. Tél : 03 20 28 91 60.

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Youri Leroux, Révéler les couleurs

06/02/2009

Youri Leroux est un peintre heureux de s’adonner à un art auquel il consacre ses journées entières. Un bonheur de peindre qui se retrouve dans ses toiles, variations sur la nature et la ville, et le nu, sculptural.

Tout a changé il y a cinq ans dans la vie de Youri Leroux. Ce jeune homme issu d’une famille dans les affaires, avait déjà pris des chemins de traverse en allant à l’école Saint-Luc de Tournai se former à l’architecture d’intérieur. Mais la peinture, présente depuis toujours, bouillonnait en lui si fort qu’il finit par accepter de se laisser aller à elle. De son atelier, installé chez lui, il a vu sur les pâturages environnants. Les vaches, les champs deviennent ses sujets de peinture et le nu, pour le dessin. Il travaille, encore et encore, peaufine ses dessins, cherche sa touche, améliore sa technique. Plusieurs mois plus tard seulement, une galerie de Hong-Kong s’enthousiasme pour ses toiles.

Gratter la toile

Une fois là-bas, Youri Leroux est fasciné par la ville chinoise. Il la peint immédiatement. Ce travail se ressent aujourd’hui sur ses toiles de paysage de campagne, plus stylisées, proches de l’abstrait, avec des rayures, des stries, qui peuvent ressembler à des troncs, des herbes ou des architectures urbaines. Les ciels, auparavant tout en haut des tableaux, s’élargissent, gagnent de la place. L’artiste travaille ses toiles en accumulant les couches de couleurs : du rouge - vif, du bleu, du gris, du vert. Les tons extérieurs sont souvent sourds, mais l’artiste a trouvé sa touche : il les « ouvre », les gratte, créant des « fenêtres », dégageant les couches inférieures, laissant apparaître les couleurs, souvent plus vives. Un style reconnaissable entre tous.

Youri Leroux – Grand rue, 87 - 7743 Obigies – Belgique - tél : 00 32 0497 54 89 13 - www.yourileroux.com

article paru dans Art et Décoration, pages Nord, n°432, avril 2007

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