Le Palais des Beaux-Arts de Lille, 1er musée de province en 2009

18/06/2009

Le classement annuel des musées français réalisé par le Journal des Arts, référence en la matière et très attendu  est paru le 12 juin. Verdict pour la région Nord-Pas de Calais : le musée lillois reprend sa première place de musée de province.

Avec une 7e place ( contre 9e en 2008),  le Palais des Beaux-Arts de Lille et arrive après 6 musées parisiens, juste devant le musée des Beaux-Arts de Lyon (qui fait une remontée spectaculaire depuis sa 13e place en 2008). Lille reprend logiquement sa place de leader de la province, mais aussi leader de région.  Car il avait été détrôné par La Piscine de Roubaix en 2008, avec une exceptionnelle position de 5e musée de France. Roubaix est classé 18e cette année, avec 100 000 visiteurs de moins que le musée lillois ( 185 940 à Roubaix, 286 423 à Lille).

La région bien classée

Avec 10 musée sur les 100 premiers, le Nord-Pas de Calais es très bien représenté. Logique même, pour la 2e région de France en nombre de musées labellisés Musée des France. Voilà le classement :

Valenciennes ( 32e contre 37 en 2008),

le Cateau-Cambrésis ( 36e contre 23e en 2008),

la Chartreuse de Douai ( 41e contre 48e en 2008),

le musées de Beaux-Arts de Tourcoing ( 59e contre 37e en 2008),

le musée du Touquet ( 62e contre 70e en 2008),

le LAAC de Dunkerque ( 67e contre 46e en 2008), l

e musée des Beaux-Arts d’Arras ( 69e contre 51e en 2008) et

le musée des Beaux-Arts de Cambrai (101e, et non classé en 2008).

Il s’avère pourtant  que la plupart des musées perdent des places ( sauf Valenciennes et Douai).

Le musée Matisse en bonne place

Malgré cela, le musée Matisse au Cateau réalise un formidable score en étant 2e des musées des villes de moins de 20 000 habitants. Une vraie réussite pour cette ville très peu touristique, quand on sait que le challenger est… le château de Chantilly, qui bénéficie d’un budget autrement plus élevé grâce au mécénat de l’Aga Khan, et d’une renommée touristique autrement plus ancienne.

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L’exposition “Ils ont regardé Matisse”, au Cateau-Cambrésis

10/04/2009

C’est, encore une fois, une magnifique exposition que propose l’équipe du musée Matisse.

Imaginez-vous : réunir Rothko, Pollock,  Franck Stella, Claude Viallat et Buren, tous ensemble… et avec Matisse ! C’est un régal pour les yeux, un plaisir pour l’esprit.

Car l’expo démontre très bien comment tous ces artistes américains de l’après-guerre, travaillant l’expressionisme abstrait, “se sont influencés par Matisse”, comme le dit très bien, avec un néologisme, le commissaire de l’expo Eric de Chassey. Et qu’ils ont ensuite influencé les artistes français et européens à Paris, dans les années 60.

  • L’accrochage est remarquable : ça vibre, ça danse, c’est joyeux, folement coloré, et intelligent. Les tableaux des artistes sont mis en regard ou en dialogue, comme on veut, avec un tableau de Matisse, mais qui n’est jamais directement relié au sujet, ni aux couleurs.
  • Car c’est l’univers esthétique de Matisse qui a influencé ces artistes. Les gouaches découpées, les tissus, les rapports entre la couleur et le blanc, les vibrations, les lignes, etc.

J’ai absolument craqué (comme tous les journaliste présents au voyage de presse d’ailleurs !) pour 3 tableaux de Simon Hantaï, Mariales, que je ne connaissais pas, absolument magnifiques.

  • Chapeau aussi au travail de l’artiste français Philippe Richard, tout à fait dans la lignée de ses illustres prédécesseurs. Il a investi le musée avec des sculptures en lien avec l’oeuvre de Matisse, lui aussi, mais pour la première fois placées dans les salles d’exposition du musée. C’est très ludique, et parfois très bien pensé. A suivre comme un jeu de piste, car certaines oeuvres sont bien cachées !

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Jean Ampe, à la galerie de la Croix Blanche

10/04/2009

Il fait partie de ces artistes qui défient la mode et les courants pour garder le cap d’une créativité hors normes. Jean Ampe ne triche pas, ni avec lui-même, ni avec les autres.

Sa peinture trouve ses sources chez les grands maîtres. Il se réclame de Rembrandt, de Greco et de Delacroix.  J’y rajouterais volontiers les grands maîtres italiens du XVIe, comme Léonard de Vinci ou Titien, pour la puissance de la construction des tableaux, les envolées aériennes, le choix subtil des couleurs… et des sujets ! Car il peint des sujets comme on n’en fait plus aujourd’hui : biblique, mythologique. Les histoires d’Eros, d’Asmodée, de Tobie, oubliées de tous, sauf des puristes ou des spécialistes ! Ses personnages sont souvent asexués, comme tous ces anges dont il peint si bien les visages éthérés.

  • Sa nouvelle série, intitulée Hyperboréens ( toujours des noms compliqués !) fait référence à une peuplade quasi parfaite, à l’image d’Apollon, vivant dans des contrées éloignées, voire inaccessibles. Une version du paradis en quelque sorte.
  • Moins aérienne que les précédentes, cette série met en scène des personnages souvent seuls, au visage très oriental et mystérieux, vêtus de costumes sophistiqués et très orientaux eux aussi, sur des fonds indistincts, mais dont la matière est très travaillée.

J’avoue être fascinée par ce travail de précision, ce choix toujours incroyable des couleurs (le violet, le fushia, le orange), ce mystère qui émane de ces visages asexués et la force qui s’en dégage.

Même si ces nouveaux Hyperboréens me laissent quand même perplexe… il faut aussi le dire.

Jean Ampe expose 19 oeuvres à la galerie de la Croix Blanche, ouverte il y a 18 mois par Chrsitophe Lava.

1791 av. du Général de Gaulle, 59910 Bondues. tél : 06 74091 32 97. Jusqu’au 15 mai 2009.

Une très belle exposition rétrospective a eu lieu en janvier à l’Hospice d’Havré, dont les photos sont issues.

Il peint en se réclamant des maîtres.

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Lille Art Fair, la dernière ?

05/04/2009

Après avoir écumé les stands  dimanche et lundi, quelques points notables ressortent. 

Petit bilan de cette seconde édition : très mitigé !

Un public jeune et moins nombreux, mais toujours enthousiaste

  • Le public était bien au rendez-vous, avec 11500 personnes (contre 13800 l’année dernière, mais il y avait aussi 20 galeries de plus !). Les personnes que j’ai pu interroger m’ont dit avoir passé en moyenne deux heures à admirer et découvrir, preuve que même pour les profanes une telle foire d’art contemporain exerce une réelle fascination.  Sauf que certains parlaient de la foire comme d’une exposition…
  • Ce sont surtout les jeunes qui sont venus, entre 20 et 45 ans, aux dires des organisateurs.

Le succès du Street Art

  • Le Street Art était fort visible dans les travées, et ce dès l’entrée de la Foire. D’ailleurs,  sauf exception, les exposants qui ont bien vendus sont ceux qui ont exposé du Street art, du Pop art dans leur stand, bref des oeuvres très peps, aux couleurs vives. Pour mieux oublier  la crise ?
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  • Les oeuvres qui sont bien “parties” sont des noms connus, des valeurs sûres, dont la presse avait abondamment parlé : Speedy Graphito, JonOne, Jef Aérosol (lillois)…  exposés par des galeries lilloises (Artop, Raisons d’Art) et par des professionnels parisiens ( Art Partner).

    Ces artistes ont eu leurs premières ventes aux enchères cet hiver à Londres et à Paris  : le début d’une reconnaissance internationale … mais aussi le début d’une spéculation ? Ces ventes sont-elles aussi liées à la “jeunesse” du public qui se reconnait dans cet art ? Car ce même public n’a acheté que des noms déjà connus, sans prendre de risques avec de jeunes artistes. Un autre effet de la crise ?

    Les exposants qui rient, et beaucoup d’autres qui pleurent

  • A côté de ce succès évident pour les formes d’expression de l’art de la rue, les autres oeuvres n’ont pas trouvé preneurs. La grande majorité des exposants n’a rien vendu. C’est la cas pour les lillois comme Artop, comme  la galerie strasbourgeoise Ritsch-Frich, ou encore les parisiennes Prodromus, GNG, et galerie du Centre, toutes des habituées des foires, depuis lontemps.
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Il y avait pourtant des oeuvres de grande qualité, mais plus “classiques“. J’en ai trouvé qui sont mêmes déjà exposées dans nos musées de la région :

  • des sculptures notamment, avec des oeuvres de Giampaolo Amoruso,visibles  au musée du verre de Sars-Poterie, et exposées à l’expo Goya au Palais des Beaux-Arts de Lille l’année dernière ;
  • d’autres sculptures de Norman Dilworth, qui a eu pas moins de 2 rétrospectives  à Calais, mais aussi au musée Matisse ces dernières années ;
  • le peintre géométrique Guy de Lusigny (1929-2001),  au musée de Cambrai et à celui du Cateau ;
  • le collectif d’art brut ACM, au musée d’art moderne de Villeneuve d’Ascq.
  • Sans  oublier des grands noms comme Miro, Beuys, Combas, Lucio Fontana et d’autres encore.
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    Mais alors, pourquoi ça n’a pas marché ? Est-ce que ces  “jeunes” acheteurs changent de goût et veulent vraiment du nouveau, comme le Street Art ?

Les galeristes ne mâchent pas leurs mots pour en expliquer les causes :

  • pas de sélection assez sévère des galeries, avec des différences de niveau accablantes et des galeries qui n’avaient rien à faire ici, comme la mystérieuse Art’s news par exemple ;
  • une communication qui n’a porté que sur les galeries lilloises ( d’après les non-lillois, ce qui est assez vrai, surtout dans la presse régionale) ;
  • des surfaces de stand pas toujours cohérentes ;
  • une promesse de visiteurs et de nombre de galeries qui n’a pas été tenue ;
  • un soutien inexistant de la ville de Lille.
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    Beaucoup estiment que la prochaine édition ne verra pas le jour et que la 2e était… la dernière ! En tous cas, c’est ce qu’affirment les galeristes mécontents (souvent les galeries les plus anciennes et de référence) que j’ai pu interroger. Ça promet pour l’année prochaine !

Des points à revoir

  • Les organisateurs, dont Frédéric Lambin, président de Lille Grand Palais, reconnaissent seulement qu’un tiers des galéristes est mécontent, laissant un  autre tiers en attente d’avis. Ils expliquent avoir pris des risques en n’annulant pas cette édition 2009, comme d’autres villes l’ont fait.  Et s’ils affirment qu’il faut du temps pour poser l’identité d’une foire ( celle de Strasbourg a mis 13 ans !), ils peuvent s’appuyer sur une structure d’économie mixte, qui n’a pas besoin de voir sur le court terme. Tout le contraire des galeristes !
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  • La ville de Lille s’est enfin mouillée, et madame Aubry est venue inaugurer a foire, ce qu’elle n’avait pas fait lors de la première édition. Frédéric Lambin a raison de fonder beaucoup d’espoirs sur cette reconnaissance.
  • Elle a cruellement fait défaut cette année quand même, avec une politique de communication concentrée sur Lille3000, qui n’a même pas parlé de la foire dans tous les dossiers de presse sur Europe XXL ! Tout juste un communiqué de presse la veille de l’ouverture du salon. Incroyable !
  • Mais l’inverse était vrai aussi. Rien sur Europe XXL dans les dossiers de presse de Lille Art Fair… Il n’en reste pas moins que la ville de Lille devrait s’inspirer de ce que fait la ville de Strasbourg pour St’Art, à laquelle elle apporte un vrai soutien, en allant jusqu’à acheter des oeuvres pour les musées.

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Lille Art Fair : petit mais costaud !

02/04/2009

La 2e édition de la foire d’art contemporain de Lille, organisée par Lille Grand Palais et St’art ( la foire d’art contemporain de Strasbourg qui existe depuis 13 ans) ouvre ses portes vendredi 3 avril.

Ottmar Horl, à lentrée de lexpo

Ottmar Horl, à l'entrée de l'expo

Je viens d’en faire le tour.

  • Autant le dire tout de suite :  il y a presque moitié moins d’exposants que l’année dernière ( 41 contre presque 70 en 2008).
  • Est-ce un signe négatif ?  Je ne crois pas. La moitié des exposants de l’année dernière sont revenus. Et des nouveaux sont là quand même.
Eric Liot (détail)

Eric Liot (détail)

Expédions rapidement des arguments qui expliqueraient cette situation :

- Effets de la crise ?
C’est ce que pense le directeur de Lille Grand Palais. Pourtant, il y avait du monde ( de exposants) en nombre à Brussel Art Fair et à Art Paris ces derniers jours.

- Chèreté des stands ?
C’est la raison invoquée par certains exposants qui ne sont pas revenus.  Mais le directeur de St’art, explique - avec raison d’ailleurs - qu’il n’est pas question de brader une foire sous prétexte de la crise. Et qu’il faut maintenir son niveau de qualité en continuant à garder des prix corrects (élevés pour certains, mais quand même en dessous de Brussels, et bien loin de ceux de Paris).

Voilà, j’en aurais parlé.

Marion Titival

Marion Titival

Et maintenant, la foire :

Intéressante, c’est évident.

  • Elle présente une belle palette de styles, surtout très contemporains.  Avec le street art en exergue. Il est partout : avec des photos, de la peinture, de la sculpture même. Les amateurs de graph, de collage, de bandes dessinées, d’affiches vont se régaler du mélange.
C. Boutellier : Red sky on Manhattan

C. Boutellier : Red sky on Manhattan

  • Le genre du paysage est aussi beaucoup présent, dans des style variés, à la limite entre l’abstrait et le figuratif.
  • Peu d’abstraction ; un peu d’art brut ; un peu de sculpture.

Voilà pour les premières impressions.

De toutes façons, il faut y aller car on ne s’y ennuie pas une seconde.  Et puis, cC’est l l’année ou jamais pour que cette foire continue et que Lille devienne une place reconnue pour l’art contemporain.

Tous au salon !

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L’exposition Reyberolles à Valenciennes

30/03/2009

J’ai suivi la visite de presse de l’exposition des oeuvres de Paul Rebeyrolle (1926-2005), au musée des Beaux-Arts de Valenciennes.

20 tableaux seulement ( mais quels tableaux !) sont exposés. Les choix d’Emmanuelle Delapierre, la conservatrice en chef du musée des Beaux-Arts sont radicaux et très forts. Aussi forts que les formats sont grands. Et aussi noirs que les suejts choisis, terriblement d’actualité, encore : l’immigration, le clonage. Avec quand même quelques respirations, en, couleurs , toutes aussi grandioses et en forces.

La suite bientôt…

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Lille3000 : l’Apocalypse rue Faidherbe

23/03/2009

La rue Faidherbe, qui part de la gare Lille Flandres jusqu’à la place de l’Opéra, a ét pompeusement baptisée “rambla” depuis Lille2004.

C’est là que sont exposées les sculptures spectaculaires conçues pour les fêtes lilloises. Il y a eu le  s Arches de Mézières ( les premières à inuagurer le concept, et certainement les plus réussies), puis les architectures végétales (je ne me souviens plus du nom des artistes) en 2004. Pour Bombaysers de Lille en 2006, les éléphants indous géants, formaient presque une arche immense et colorée au-dessus de la rue. Une vraie réussite aussi.

En 2009, ce sont des Anges et des Démons qui jalonnent la rue. Ils sont une douzaine de bébés jouflus et ailés, énormes ( 6 mètres de hauteur !),  avec des queues de dragon, assis ou debout, les bras en croix. A leur tête, devant la gare, une demoiselle à couettes au sommet de la tête est à cheval sur un dinausore-dragon. Noirs, eux aussi. Et brillants. C’est spectaculaire, c’est sûr !

Ces Anges et Démons ont été conçus spécialement pour Lille par un collectif d’artistes russes, AES+F. Ce sont les initiales de : Tatiana Arzamasova, Lev Evzovitch, Evegeny Svyatsky, et Vladimir Fridkes. Ils utilisent aussi bien la vidéo, que la photographie, et la sculpture.

Les enfants sont le principal sujet de travail de ces artistes depuis 2003, et les oeuvres de Action Half Life ( du nom d’un vrai jeu vidéo). Elles mettaient en scène des jeunes adolescents, en sous-vêtements blancs, dans des décors de guerre des étoiles, le regard opposé aux armes (inspirées aussi par celles des jeux vidéos) qu’ils tiennent à la main, sans combattre.

Suit une autre série, Last Riot, en 2005-2007, où les protagonistes, toujours aussi jeunes, passent à l’attaque :  sans émotion sur leurs visages, ils miment l’égorgement et la tuerie, à l’arme blanche ou à feux, dans des paysages de toute beauté, mais défigurés par la guerre et les conflits.

Les enfants sont-ils vraiment les porteurs d’espoir de nos socités ? N’en sont-ils pas les miroirs grossissants ? Les adolescents, en plein passage de l’enfance à l’adulte, ne risquent-ils pas de choisir la mauvaise voie ? Ce sont toutes ces questions existentielles, sociales et philosophiques, que posent AES+F avec leurs oeuvres dérangeantes, voire prophétiques.

A Lille, l’Apocalypse prend donc le visage de bébés joufflus et rieurs qui ressemblent plus aux Putti des tableaux italiens du Quattrocento qu’à des diables. Ce qu’ils sont pourtant, avec leurs marques sur le front, leurs ailes et leur queue de dragon.  Cette  ambivalence, amusante de prime abord,  se radicalise du côté de l’Enfer avec la couleur noire. Les artistes ont visiblement choisis leur bord.  L’Apocalyspe viendra de la jeunesse. A méditer pour l’avenir de l’Humanité.

Après un hiver sans soleil, personnellement, je regrette les éléphants, leurs riches parures et leurs décorations colorées. Du haut de leur impressionnante carrure, ils dégageaient une vraie légèreté. On avait l’impression de partir en voyage avec eux, de se dépayser, de changer d’air, de voir la vie en Technicolor !

On n’avait pas forcément besoin d’Apocalypse en ce moment…

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Lille 3000, une Europe sombre et déformée

18/03/2009

J’ai passé 3 jours entiers en visite de presse pour sélectionner pour vous le meilleur de Lille 3000.  Il y a beaucoup (trop ?) de  choses à voir, et devant tant de richesses, un choix s’impose.

Avant de faire le tour des animations ou expositions à ne pas manquer où à  éviter, partageons quelques remarques :

- L’Europe XXL

Le thème annoncé est trompeur. J’attends des oeuvres de tous les pays européens, y compris de nos voisins anglais,  et au moins de tous les autres frontaliers, comme une base pour une ville qui se dit eurorégionale et qui a été capitale de la culture européenne en 2004.

Et bien ce n’est pas du tout ça !

L’Europe XXL, c’est l’Europe… des nouveaux pays arrivants : celle de l’Est. J’avais mal lu le sous-titre du dossier de presse : “East is the new westis the new eat”…. c’est plus clair ?! bon, pas vraiment.  Il n’est pas dit de qui est cette superbe citation.

Donc, la Hongrie (Budapest), la Russie (Moscou), les pays baltes, la Pologne… et Istanbul (tiens , elle fait partie de l’Europe !). Je jette un oeil sur les docs de presse : oui, oui,  c’est précisé quelque part.

Alors si vous espériez un vrai melting pot européen, avec un peu de culture anglaise, irlandaise, autrichienne ou grecque, c’est râté !

- Une vision sombre et cacophonique de la Nouvelle Europe
Au fil des expos, nous autres pauvres journalistes, commençons à saturer sous l’accumulation d’oeuvres où la vidéo règne. Des images -  toujours en grands formats, et des bandes sons qui se mélangent. On en prend plein le yeux et les oreilles… C’est comme si les artistes de l’Est découvraient la joie de la vidéo dans l’art moderne.

Ne cherchez pas de peintures, car vous trouverez de nombreuses videos, souvent hurlantes, sombres, peu compréhensibles. Nous avons l’impression d’être dans une expo “la video dans l’underground est européen“. Intéressant mais pas franchement rafraîchissant…

- Une manifestation “populaire” pour public averti et intello

Martine Aubry qui a su se rendre omniprésente à la faveur de la manifestation régionale a déclaré que Lille 3000 est un événement populaire qui saura réconcilier les publics autour de l’art et d’une fierté partagée. Aïe ! J’ai quand même l’habitude des expos,  depuis 8 ans , mais j’ai pourtant du mal à suivre le menu.

Je me raccroche aux dossiers de presse. Il faut plusieurs pages d’explication pour introduire les différents “plats” qui nous sont servis.  Je doute que le commun des mortels ait ne serait-ce que l’envie de plonger dans des prolégomènes intello finalement bien pointus et branchés. Le “populaire” adhérera-t-il à une programmation où rien n’évoque la culture de masse ni le folklore traditionnel des pays présentés ?

Tout ceci n’étant que des premières impressions, auxquelles - bien sûr - il ne faut surtout pas se fier, je vais retourner voir les expos faîtes au pas de charge. Et vous donner un avis et des infos plus développés.

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Le repère d’une chineuse

11/03/2009

Une authentique maison anglo-normande déploie ses charmes extérieurs dans un village de la campagne lilloise. Un écrin idéal pour recevoir les collections et le mobilier d’une chineuse professionnelle.

Cette maison est une incongruité à l’endroit où elle se trouve ! Elle est de celle qu’on voit sur les bords de mer, dans les stations balnéaires créées au début du XXe siècle. Ses propriétaires de l’époque l’ont voulu au milieu de la campagne lilloise. Un peu comme si aujourd’hui, on se faisait construire une maison de vacances en bois, en pleine ville. Histoire d’être de faire le farniente toute l’année !

Une anglo-normande en campagne

Les propriétaires actuels n’ont pas résisté au charme des colombages, du balcon couvert au premier étage, des vitraux au rez-de-chaussée et du jardin joliment planté. Une seule visite a suffit, il y a trois ans, pour se décider. Karima et Joseph aviaent deviné ce qui se cachait sous les papiers à fleurs et les moquettes marron des années 70 qui défiguraient toutes les pièces. Une des conditions pour acheter la maison était de conserver les vitraux. Ce que les propriétaires encore potentiels ont volontiers accepté, car ils tenaient justement à garder les spécificités d’époque de la maison qui font tout son charme. Mais si certaines étaient visibles, comme la grande cheminée en pierre bleue du salon, d’autres étaient bien cachées… : sous les moquettes, un splendide parquet et un très bel escalier en chêne, sous un lino dans la cuisine, différentes sortes de carrelage de ciment. La maison a donc été dépecée de tous ces oripeaux 1970.

Du mobilier chiné et patiné

Le cadre d’origine retrouvé quasiment intact, Karima, spécialiste de la patine et de la machine à coudre, s’est attaqué à la rénovation des matériaux et à la décoration. Les parquets et les carrelages ont été nettoyés et protégés, les murs blanchis. Deux pièces seulement ont changé de physionomie : les pièces d’eau, inadaptées au confort d’aujourd’hui. Pour agrandir la petite cuisine d’origine, le mur de séparation avec l’office a été abattu, laissant place à une large pièce très éclairée, recouverte de carreaux noir et blanc. Pour combler les trous manquants, des carreaux noirs ont été rajoutés, formant un grand carré central. Quant à la salle de bain, elle a subi aussi elle aussi des grosses transformations pour l’agrandir dans toute la largeur de la maison et en faire une véritable pièce à vivre.

Karima a pu alors enfin laisser libre court à sa passion pour la décoration. Chineuse avertie, elle adore dénicher des objets et de meubles anciens sans âme pour leur redonner vie. Elle les décape, les restaure et les patine. Avec des couleurs de prédilection, dans des gammes naturelles : ficelle, taupe, écru, lin, gris. De la commode à la console, en passant par le bougeoir ou le lustre, quelque soit le siècle, tout devient sujet de transformation. Même les laies de lin brut se plient aux bons vouloirs de cette femme aux doigts de fée.

Et l’intérieur de la belle anglo-normande s’est mis aux couleurs de la campagne, dans un style simple et chic qui n’auraient peut-être pas déplu aux tout premiers propriétaires au début du XXe siècle !

Reportage paru dans Art et Décoration, mai 2007

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L’Atelier de la Monnaie

25/02/2009

25 ans d’avant-garde artistique au Palais des Beaux-Arts de Lille

janvier-mars 2008

Le Palais des Beaux-Arts propose un flash-back entre les années 1957 et 1972, avec une exposition de 130 tableaux montrant le contexte artistique français tel qu’on pouvait le voir à Lille dans ces années là, sous la houlette des artistes de l’Atelier de la Monnaie.

Pour qui n’a jamais entendu parler de l’Atelier de la Monnaie, il lui faut savoir que ce n’est pas un mouvement, encore moins une école artistique. Il s’agit en fait d’un groupe de 7 artistes amis, qui se réunissant dans l’atelier de l’un deux (le céramiste Jean Brisy) rue de la Monnaie, ont donné ce nom à leur association. Roger Frézin, Claude Vallois, Pierre Olivier, Jean Parsy, Jean Brizy, Jean-Pierre Dutour et Lyse Oudoir ont tous été étudiants à l’Ecole des Beaux-Arts de Lille dont ils ont refusé l’académisme et ses contraintes, pour vivre leur art – et leur vie - en toute liberté, guidés par une créativité et un enthousiasme débridés. Dans le même ordre d’idée, ils décident d’organiser, à Lille, des expositions montrant au public la création contemporaine parisienne et internationale. Une démarche révolutionnaire à l’époque, incomprise d’une grande partie du public, de la critique et parfois même de leurs pairs ! Mais l’Atelier de la Monnaie a réussi à faire de Lille pendant 25 ans, un centre de diffusion et de présentation de l’art contemporain. Contre vents et marées. C’est une sélection de 130 de ces œuvres d’hier, que présente l’exposition d’aujourd’hui.

L’enthousiasme et la créativité d’alors est immédiatement perceptible dans la mise en scène : les couleurs sont très fortes (un vert presque pomme, un violet éclatant), l’espace est découpé en lignes diagonales. Les fondateurs de l’Atelier sont les premiers présentés, avec leurs photos en noir et blanc à l’entrée, et 3 (seulement !) de leurs œuvres chacun, sur les cimaises vertes. On y voit nettement leurs différences de style et de sujets, et on regrette qu’elles ne soient pas l’objet de l’exposition complète, car l’hommage n’est fait qu’à moitié ici. Chacun mériterait une exposition personnelle.

Suivent les membres « actifs » constituant le noyau dur de fidèles, comme Eugène Leroy et Arthur Van Ecke, etc. Puis les artistes invités, dont certains sont célèbres aujourd’hui, comme Bernard Rancillac, Constant Permeke, Victor Vasarely, etc. On survole tour à tour les Arts vivants du Nord, l’Ecole de Paris et les Réalités nouvelles, le Surréalisme, le Lettrisme et la Déconstruction en 1972, bien nommée avant la dissolution de l’Atelier. Un survol très concentré.

L’Atelier de la Monnaie. Lille artistique 1957-1972. Jusqu’au 15 mars 2008. Palais des Beaux-Arts, place de la République. Tél : 03 20 06 78 00. www.pba-lille.fr


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