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Collection de printemps au musée des Beaux-Arts de Tourcoing

mars-mai 2008

Nouvelles collection de printemps

Le musée des Beaux-Arts de Tourcoing présente comme tous les ans, ses nouvelles acquisitions, mais aussi ses nouveaux prêts et dépôts. Un vent de fraîcheur qui s’accompagne aussi d’une nouvelle présentation des collections permanentes.

C’est l’un de ses musées dans lequel on est toujours surpris. On ne sait jamais à l’avance quelles œuvres on y verra, ni à quel endroit du musée on pourra les découvrir. Renouveler l’accrochage, mélanger les genres, les styles et les époques sont une volonté de la conservatrice, Evelyne-Dorothée Allemand, et de son équipe. La curiosité est donc aiguisée à chaque fois, pour peu qu’on ait des favoris dont on se demande s’ils seront là où on les a laissés la fois dernière. Evelyne-Dorothée Allemand et son équipe manipulent le suspens avec…art.

Ce début d’année est riche de 19 nouvelles acquisitions et donations, mais aussi de 22 œuvres de prêts et de dépôts du FRAC Nord-Pas de Calais. Elles sont volontairement mélangées avec les œuvres anciennes, pour composer un nouveau parcours de visite.

Mélange en tout genre

  • La seule acquisition du XVIIe, une gravure de l’Italien Le Guerchin (1591-1666), est un portrait d’homme barbu portant une calotte. Une gravure de Rembrandt, dont il se rapproche stylistiquement, n’est pas loin de lui. Mais l’œuvre qui est juste à côté est contemporaine et très loin de la technique du dessin !
  • Une autre acquisition, Qui es-tu ?, une peinture de Marc Ronet (né en 1937) fait l’objet d’un très bel accrochage, dans la grande salle d’exposition temporaire. La forme fantomatique à la Goya qui émerge du tableau est rapprochée d’une peinture en rond, aux accents de Jérome Bosch, par Guillaume Bruère (né en 1976).
  • La mort, le temps qui passe, sont les sujets de cette partie de la salle, illuminée par le rond en aluminium tourné d’Ann Veronica Janssens ( née en 1956), et le grand tableau très dynamique de Paul Rebeyrolle (1926-2005).

Impossible de rater aussi l’une des deux plus grandes œuvres de l’exposition, prêtée par le FRAC : Dolly, la montgolfière de Bertrand Lavier (né en 1949) étale les bandes de toile de sa nacelle et son panier pour évoquer la chute, avec comme entourage, un tableau du musée, du XVIIe siècle, La Déploration du Christ, et une vidéo contemporaine d’une chute d’eau.

  • L’autre prêt du FRAC occupe tout le fond de la deuxième salle : il faut de la place pour aligner les 80 chaises de couleurs de Superflex (un groupe de 3 artistes danois), Copy Right (Colored version), présentée pour la première fois. Cette reprise de la chaise Fourmi de Jabobsen invite à s’approprier un objet de grande diffusion et à le faire vivre hors de son contexte initial.

D’autres surprenantes associations d’œuvres anciennes et nouvelles attendent le visiteur au détour de chaque salle ; comme dans l’antichambre carré et parqueté, qui reçoit des tableaux jouant sur le carré, entre un Devade (1943-1983), précédente acquisition, une étude d’Alberts (1888-1976) pour le Bauhaus, et un carré roulant contemporain, prêté par le FRAC.

L’alchimie se fait tout aussi bien entre les styles, les genres et les époques, qu’entre les acquisitions nouvelles, les donations, les prêts et la collection permanente. C’est de l’art, tout simplement.

Collections. Permanent/provisoire II. Jusqu’au 14 mai 2008. Musée des Beaux-Arts. 2 rue Paul Doumer. Tél : 03 20 28 91 60.

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