Archive

Articles taggués ‘brocante’

Le repère d’une chineuse

11/03/2009

Une authentique maison anglo-normande déploie ses charmes extérieurs dans un village de la campagne lilloise. Un écrin idéal pour recevoir les collections et le mobilier d’une chineuse professionnelle.

Cette maison est une incongruité à l’endroit où elle se trouve ! Elle est de celle qu’on voit sur les bords de mer, dans les stations balnéaires créées au début du XXe siècle. Ses propriétaires de l’époque l’ont voulu au milieu de la campagne lilloise. Un peu comme si aujourd’hui, on se faisait construire une maison de vacances en bois, en pleine ville. Histoire d’être de faire le farniente toute l’année !

Une anglo-normande en campagne

Les propriétaires actuels n’ont pas résisté au charme des colombages, du balcon couvert au premier étage, des vitraux au rez-de-chaussée et du jardin joliment planté. Une seule visite a suffit, il y a trois ans, pour se décider. Karima et Joseph aviaent deviné ce qui se cachait sous les papiers à fleurs et les moquettes marron des années 70 qui défiguraient toutes les pièces. Une des conditions pour acheter la maison était de conserver les vitraux. Ce que les propriétaires encore potentiels ont volontiers accepté, car ils tenaient justement à garder les spécificités d’époque de la maison qui font tout son charme. Mais si certaines étaient visibles, comme la grande cheminée en pierre bleue du salon, d’autres étaient bien cachées… : sous les moquettes, un splendide parquet et un très bel escalier en chêne, sous un lino dans la cuisine, différentes sortes de carrelage de ciment. La maison a donc été dépecée de tous ces oripeaux 1970.

Du mobilier chiné et patiné

Le cadre d’origine retrouvé quasiment intact, Karima, spécialiste de la patine et de la machine à coudre, s’est attaqué à la rénovation des matériaux et à la décoration. Les parquets et les carrelages ont été nettoyés et protégés, les murs blanchis. Deux pièces seulement ont changé de physionomie : les pièces d’eau, inadaptées au confort d’aujourd’hui. Pour agrandir la petite cuisine d’origine, le mur de séparation avec l’office a été abattu, laissant place à une large pièce très éclairée, recouverte de carreaux noir et blanc. Pour combler les trous manquants, des carreaux noirs ont été rajoutés, formant un grand carré central. Quant à la salle de bain, elle a subi aussi elle aussi des grosses transformations pour l’agrandir dans toute la largeur de la maison et en faire une véritable pièce à vivre.

Karima a pu alors enfin laisser libre court à sa passion pour la décoration. Chineuse avertie, elle adore dénicher des objets et de meubles anciens sans âme pour leur redonner vie. Elle les décape, les restaure et les patine. Avec des couleurs de prédilection, dans des gammes naturelles : ficelle, taupe, écru, lin, gris. De la commode à la console, en passant par le bougeoir ou le lustre, quelque soit le siècle, tout devient sujet de transformation. Même les laies de lin brut se plient aux bons vouloirs de cette femme aux doigts de fée.

Et l’intérieur de la belle anglo-normande s’est mis aux couleurs de la campagne, dans un style simple et chic qui n’auraient peut-être pas déplu aux tout premiers propriétaires au début du XXe siècle !

Reportage paru dans Art et Décoration, mai 2007

Maisons du Nord , , ,