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Anne Dewailly, instants suspendus

23/01/2009

Anne Dewailly fixe sur ses toiles des pauses de la vie. Des femmes souvent, ou des enfants, montrent leur visage impassible dans des décors qui déclinent l’harmonie en rouge et beige. Avec une infinie douceur.

Avant de regarder sa peinture, on voit son regard : grand, bleu, habité. Un bleu qu’on ne retrouve pas sur les tableaux qu’elle peint en ce moment. Pourtant, le bleu a fait partie de son univers il y a quelques années. Un bleu cobalt, associé à des personnages à la peau noire. Une couleur et des sujets qu’elle a travaillé au retour d’une année passée à la Réunion. « Les peaux noires ont été les premières que j’ai peintes. Elles ont été comme un négatif des peaux blanches que je n’osais pas retranscrire à l’époque », explique-t-elle. C’était le commencement. Aujourd’hui, depuis un retour de quelques années dans le Nord, le bleu et les visages foncés ont disparus de ses tableaux. Le rouge a pris le relais, et les peaux de ses personnages se sont éclaircies.

Une douceur intemporelle

Car il y a toujours un personnage sur les oeuvres d’Anne Dewailly. Des enfants (les siens) et des femmes (qui lui ressemblent) : des portraits - des parts d’elle-même, qu’elle sème sur chaque tableau. Même sur les rares nature mortes, comme cette série de timbales. Les gobelets en argent sont ceux de son enfance et elle y voit des autoportraits…


Souvent de profils, ses personnages posent, assis ou debout, avec un objet dans les mains : un bol, un bouquet de roses, un livre, etc. Comme des offrandes. Fixés dans des poses intemporelles. Derrière eux, un décor au dessin à peine esquissé, mais à la matière très travaillée. Un tableau dans le tableau.

Anne Dewailly utilise tout à la fois le pinceau, le couteau, le chiffon et ses doigts pour composer ses fonds. Elle raconte aimer toucher, sentir, malaxer, la peinture à l’huile qu’elle utilise de préférence à l’acrylique, « pour sa bonne odeur et sa texture. J’ai mis un certain temps à faire ma petite cuisine avec les pigments et les liants de la peinture à l’huile », confie-t-elle.

Aujourd’hui, la recette est parfaitement maîtrisée. Quant aux pigments, elle les choisit dans des tons de blancs, de beiges, de chocolats, de bruns, et de rouges. Des rouges chauds. C’est un bouquet de roses, un mur en camaïeu, un objet, un reflet. Il accroche le regard et porte une part du mystère et de l’émotion que suscite les oeuvres de la peintre lilloise. C’est le temps, qui passe et qui s’arrête, le mouvement et l’immobilité, et cette profonde douceur…
Elle expose depuis peu à Paris, Place des Vosges, très souvent au Septentrion à Marcq, et depuis toujours à Honfleur.

Anne Dewailly - Atelier dans le Vieux Lille - tél : 06 17 82 09 95

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Adeline Flipo, peintre à Croix

23/01/2009

A la recherche de l’énergie dans la peinture

Entre figuratif et abstraction, Adeline Flipo peint des paysages. Effets de matières, superpositions de couleurs, verticalité, formes ébauchées : une peinture douce et forte à la fois.

Ne pas se fier aux apparences. Les tableaux d’Adeline Flipo cachent bien leur jeu. On y voit d’abord une architecture, composée de formes carrées ou rectangles savamment délimitées par des couleurs très travaillées. Sur un même espace dévolu, la couleur reste rarement identique.

Elle commence bleue et finie verte, ou bien passe par toutes les nuances d’un même ton, comme du beige clair ou brun par exemple. A moins qu’une touche de nuances plus pâles ne vienne chahuter un aplat de couleur pure, comme le gris sur le noir.

Adeline Flipo, peintre

Adeline Flipo, peintre

Présences mystérieuses

Alors seulement l’œil distingue une présence, plus ou moins évidente : des silhouettes humaines, très schématisées. Elles émergent parmi les lignes verticales, ombres rassurantes mais mystérieuses, fragiles et précieuses. Elles donnent vie et font sens à ces paysages urbains ou végétaux.
Elles ne sont jamais seules et vont toujours de paires ou en nombre. « J’ai besoin de dialogues dans mes tableaux », explique Adeline Flipo. Et de vibrations. Entre les couleurs, à l’huile ou à l’acrylique, qu’elle travaille au couteau, en les mélangeant jusqu’à trouver la nuance idéale. Entre les lignes aussi, qu’elle laisse courir sur le tableau pour créer un cheminement au long duquel l’œil peut se perdre.

Dans son joli atelier derrière l’église, Adeline Flipo continue ses recherches, aspirant aux grands formats et aux lignes moins douces, entre verticalité et lumière, à la recherche de l’énergie.

Voir le site d’Adeline Flipo

Article paru dans Art et Décoration, pages Nord, n°443, juin 2008

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